06 mars 2014

Les Premiers Chefs des CRS

         LES PREMIERS CHEFS DES C.R.S. 

       Dans la Lettre du Vétéran N° 39 de Mars 2013, je faisais référence à la note Réf : Sous- Direction des CRS – 10° section- SN/CRS/IO/N° I.951. Circ. du 16 Mars 1945. (1ère page jointe en annexe). Note signée à PARIS par le Colonel GENTIEN, Commandant les Compagnies Républicaines de Sécurité qui avait pour objet le Journal des Services, marches et déplacements des CRS. Cette note était adressée à MM. Les Commandants Régionaux  et MM. Les Commandants de C.R. S.

       A la lecture de ce document, j'observais que le prénom du premier Sous- Directeur, Chef des Compagnies Républicaines de Sécurité n'était pas mentionné. Je décidais donc de poursuivre cette quête.

      J'ai consulté très rapidement le site internet de la Société Française  d'Histoire de la Police créé en 2008. Site internet www.sfhp.fr.

       La Société Française de l'Histoire de la Police concourt à la recherche sur l'histoire de l'institution et à sauver de la destruction tout élément constitutif de son patrimoine.

       Concernant les CRS  on y trouve les éléments suivants :

      «  Les Compagnies Républicaines de Sécurité sont dirigées par un état- major qui relève d'abord du Directeur de la Sécurité Publique, puis d'un bureau d'études  de l'emploi des forces de police (23 Février 1949) auprès du Directeur Général de la Sûreté Nationale (DGSN). Le Service des Compagnies Républicaines de Sécurité est créé en tant que composante de la nouvelle Direction Centrale de la Sécurité Publique (décret du 29 septembre 1969 rectifié – JO N° 233 du 4 octobre 1969.

 

       Les Chefs du service des CRS dont le nom est mentionné sont les suivants :

-        MIR Henri 29 Septembre 1969

-        GROS Roger, André 25 Avril 1973

-        PINAUD Robert, Henri, Gilbert 01er Octobre 1976 

Puis les Chefs du Service Central 

-        PINAUD Robert, Henri, Gilbert 07 Novembre 1978

-        AUBRY Pierre 31 Août 1981

-        DEWATRE Jacques, Marie, Jean, René 27 Mars 1985

-        GONDEL Serge 21 Octobre 1985

-        BRENIERE Jacques, Marcel, André 22 Avril 1986

-        GONDEL Serge 6 Septembre 1988

-        PLANQUELLE Noël 8 Juillet 1993

-        ROUSSEL Roland 17 Septembre 1996

-        CHRIST Claude 01er Septembre 1997

-        PIQUEMAL Michel 21 Mars 1999

-        LAMOTTE Jacques 12 Septembre 2002 

*** Le Service Central des CRS acquiert son autonomie par un décret du 28 Décembre 1977, (Monsieur Robert PINAUD étant son Directeur) avant de redevenir une composante de la direction centrale de la sécurité publique  (arrêtés du 3 Août 1981 et 5 Janvier 1982) pour être de nouveau autonome (arrêtés du 13 Mars 1986). 

Directeurs Centraux des CRS

-        LAMOTTE Jacques 11 Octobre 2003

-        LAMBERT Christian 16 Octobre 2005

-        LAUREAU Philippe 3 Septembre 2007

-        WEIGEL Hubert 4 Septembre 2009

-        PRESSON Luc 14 Octobre 2011

-        KLAYMAN Philippe 14 Septembre 2012.

*** Le Service Central des CRS est érigé en Direction Centrale des CRS par le décret n° 2003-951 du 3 octobre 2003 ». 

       On trouve les notices biographiques des Chefs des C.R.S. suivants : Mrs MIR- PINAUD- DEWATRE – PLANQUELLE. 

       La Société Française d'Histoire de   la Police mentionne en outre le nom de Lucien GAUTHIER prédécesseur d'Henri MIR qui a commandé les CRS de 1953 à 1973.

Force est de constater l'absence de renseignements concernant l'identité du Colonel Pierre GENTIEN, Premier Sous- Directeur des CRS à la libération et du Contrôleur Général Joseph PUYBARAUD qui fut Sous- Directeur pendant neuf mois en 1947, Chefs des Compagnies Républicaines de Sécurité. De même, le manque d'informations  concernant le Colonel  Lucien GAUTHIER (1950- 1953).

 

La période 1944- 1953 est vide. Cette période qui couvre huit années ne peut pas être considérée comme  négligeable par les historiens. Les véritables raisons concernant cette page blanche sont à rechercher. Nul doute que les historiens patentés vont creuser le sujet avec des  moyens de recherches qui sont hors de notre portée. Nous connaissons les difficultés de consultation par dérogation des archives pour les citoyens ordinaires que nous sommes. 

       Après avoir effectué ce constat,  je me suis rappelé avoir lu le mémoire de Cédric MOREAU de BELLAING (1999) Une matraque Républicaine. Genèse et pérennisation des CRS (1944-1955). Mémoire pour le DEA- Histoire du XX siècle. Directeur de mémoire : Serge BERSTEIN, Historien. 

       Cédric MOREAU de BELLAING est actuellement Maître de conférences à l'Ecole Normale Supérieure – Discipline Science politique/ sociologie du droit.

       Il est l'auteur de nombreuses communications et publications. 

        René VALABREGUE, alors Contrôleur Général  dans une note du 29 Novembre 1944 expliquait que les statuts des CRS ont été préparés par le Lieutenant- Colonel GENTIEN sans plus de précision, premier Chef des CRS. Le Directeur Général de la Sûreté Nationale étant André PÉLABON et son Adjoint André DUBOIS. La DGSN née de l'ordonnance du 16 Novembre 1944 compte en Décembre 1944 96500 fonctionnaires dont 63500 en tenue. Les CRS représentaient 25% de l'effectif. Réf du livre de René VALABREGUE : Mémoire de la reconstitution de la Police.

Pierre BOURSICOT succèdera à André PELABON le 12 Mars 1946.

       Lors d'une réunion de travail à LYON, le 31 Janvier 1945, accueillant les plus hautes instances de l'administration et de la résistance locale, les décisions prises quant à la formation des CRS incarnent la solution du compromis permettant l'intégration d'anciens GMR et d'anciens résistants.

       Après la dissolution des Unités du Groupement de MARSEILLE, il est décidé la création de huit compagnies (3 à MARSEILLE- 2 à NICE – 1 à AIX en PROVENCE – TOULON et AVIGNON). 

        Une circulaire  en date du 11 Avril 1945 du Colonel GENTIEN  interdit le port du béret  pour les CRS et prescrit le port du képi.

       En 1946, pour des raisons budgétaires, cinq Compagnies sont dissoutes. (CRS 11- 22 - 143- 174 -202)

       En 1946, les Commandants de Groupement succèderont aux Commandants Régionaux.

        Le 24 Février 1948, le remodelage des lieux d'implantation des Unités ne comporte plus les CRS 144-145- 146- 151- 152- 153- 154- 155- 156- 157- 158.

       Par un décret du 29 Novembre 1951, cinq unités seront mises sur pied fin 1951. 

        Dans son mémoire, Cédric MOREAU de BELLAING cite le Colonel GENTIEN sans son prénom, de même que  le Contrôleur Général PUYBARAUD.  Il cite Lucien GAUTHIER, en qualité de  Chef d'Etat – Major des CRS à partir de 1950. 

       A la relecture de ce mémoire, j'avais la certitude du nom de ces trois chefs qui ont commandé les Compagnies Républicaines de Sécurité, mais j'ignorais les prénoms des deux premiers ainsi que leur état civil et encore plus les dates exactes de leur prise et fin de fonction. 

*André PELABON sera la premier Directeur Général de la Sûreté Nationale. En septembre 1942, il parvint à LONDRES. Il s'imposa comme l'un des Officiers les plus influents du Bureau Central de Renseignements et d'Action, (BCRA) les services secrets de la France combattante. Il mit sur pied l'antenne algéroise du BCRAA, c'est à dire la base d'exécution algéroise de la direction générale des services spéciaux (DGSS) nouvellement crée par fusion du BCRA et des services secrets Giraudistes à ALGER.

       Dans le mémoire de proposition pour la Médaille de la Résistance établi par le Directeur Général de la Sûreté Nationale André PELABON, ce dernier évoque le travail effectué par l'Officier du BCRA Pierre GENTIEN. Il est à noter que les trois premiers enfants de Pierre GENTIEN sont très jeunes. - François est né en 1934 futur Capitaine de Frégate, sa fille Monique en 1936, Yves en 1940. Son dernier  fils Louis naîtra en 1946. On imagine le courage d'un homme et de sa famille eu égard à  la séparation liée à son engagement au service de la France combattante. 

       D'autres pistes peuvent être explorées. L'état numérique de la sous- série F POLICE conservée au Centre Historique des Archives Nationales. Par Bertrand JOLY, Conservateur en Chef à la section du XIX° siècle et Christèle NOULET, chargée d'études documentaires à la section du XX° siècle. (1914- 1985)  PARIS – Centre Historique des Archives Nationales.

COMPAGNIES REPUBLICAINES DE SECURITE- CAC FONTAINEBLEAU. Page 31 du répertoire.

198 507 18 – Organisation – équipements et fonctionnement (1950- 1983)

199 000 62 Historique, organisation et mission           des CRS (1948- 1986) 

       Il y a ...25 ans : Naissance de l'Institut des hautes études de la sécurité intérieure.

       Dans le prolongement de la circulaire du 20 Avril 1988, du Premier Ministre Michel ROCARD affirmant et finançant la modernisation de la gestion des ressources humaines dans l'administration, le Ministre de l'Intérieur Pierre JOXE,  propose la création d'un Institut des hautes études de sécurité en Juin 1988.  Cet «  outil permanent de recherches et de prospectives », « élément fondamental de la formation  professionnelle des policiers et de l'ouverture  » se met en place l'année suivante, en 1989, sous le nom définitif d'Institut  des hautes études de la sécurité intérieure. Placé, dès mai 1989, sous la direction de l'inspecteur général de l'administration Jean- Marc ERBES. Il s'installe par la suite dans des locaux du 15ème arrondissement parisien, rue Péclet. Les 2 et 3 novembre 1989, le colloque inaugural de l'IHESI consacré aux « défis et enjeux de la sécurité intérieure » se tient à la Villette et réunit des élus, magistrats, responsables de la Police et de la Gendarmerie, universitaires, industriels, juristes et travailleurs sociaux. Un décret n° 91-903 du 10 septembre 1991 porte organisation de  l'IHESI, institut placé sous l'autorité du Ministre de l'Intérieur et chargé « de réunir des responsables de haut niveau appartenant à la fonction publique et aux autres secteurs d'activité de la nation, en vue d'approfondir leurs connaissances en matière de sécurité intérieure par l'étude en commun des problèmes qui se posent dans ce domaine ».
       Par décret  du 27 Juillet 2004, l'IHESI deviendra INHES, l'Institut  national des hautes études de sécurité intérieure, qui donnera naissance en Octobre  2009 à l'INHESJ, l'Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice, établissement public à caractère administratif placé sous la tutelle du Premier Ministre et installé à l'Ecole militaire à Paris. 

       Alain PINEL a participé à l'enregistrement des récits de vie de Policiers. En particulier, celui de Monsieur Henri MIR. Dépôt INHES.

      Alain PINEL est l'auteur du livre UNE POLICE DE VICHY Les Groupes Mobiles de Réserve 1941- 1944.
L'auteur cite le nom du Colonel GENTIEN premier Sous- Directeur des CRS, sans son prénom.

Editions L'HARMATTAN 2004. Docteur en Sciences Politiques. Chercheur au centre d'études et de recherches sur la Police de TOULOUSE et chargé de cours en sociologie au centre universitaire de formation et de recherches JF CHAMPOLLION d'ALBI en 2004. Cet ancien Policier fut membre du Bureau National de l'ANAS au début des années 1980. 

       Monsieur Henri MIR – entretien du 25 Septembre 1992. Sept cassettes de 60 minutes soit 7 heures.

Monsieur Henri MIR- date d'entrée PN : 01/09/1944. Date de départ à la retraite :01/03/1973.
La transcription et le filage n'ont pas été effectués. Autorisation non signée. 

       Les archives audio citées supra concernant Monsieur Henri MIR se trouvent en principe à l'INHESJ, situé à l'Ecole Militaire 1, Place JOFFRE 75700 PARIS SP 07 

Le parcours de Monsieur Henri MIR au sein des Compagnies Républicaines de Sécurité. 

Monsieur Henri MIR entre dans la Sûreté Nationale le 01/03/1944. Recruté sur titre au Grade de Commandant de 4ième e à cette même date.
Commandant Principal de 2ième e le 01/06/1945.

Commandant Principal de 1ère e le 01/06/1948.

Commandant de Groupement de 2ième e le 01/10/1948.

Commandant de Groupement de 1ère e le 01/10/1950. (Grade sommital). 

(sources annuaires des CRS- archives personnelles du CDTEF retraité Jean- Pierre BAUX). 

Monsieur Henri MIR sera Le Chef  des CRS à plusieurs reprises (1946- 02/1947 (intérim entre le départ du Colonel Pierre GENTIEN et l'arrivée du Contrôleur Général Joseph PUYBARAUD), d'Octobre 1947 à 1950 puis sur un longue période succédant au Colonel Lucien GAUTHIER de 1953 au 25 Avril 1973. 

Etat civil de Monsieur Henri MIR :

MIR Henri, Antoine, Etienne né le 25 Avril 1913 19, Bd du Canal à CARCASSONNNE (Aude).
Son père Michel était Professeur de Musique.

Décédé le 07 Novembre 1995 à PARIS (75010)

(Vérifications effectuées auprès de l'état civil). 

Etat civil du Contre- amiral Maurice de BROSSARD du BOURG

Né le 02 Mars 1907 à EZY sur EURE (27530)

Décédé le 05 Octobre 1997 à SAINT- CLOUD (92211)

Navale Promotion 1928.

      *** Le nom du Contre- amiral Maurice de BROSSARD du BOURG  est souvent cité, lorsqu'on parle de la création des C.R.S. 

Le vocabulaire maritime : 

      «  Le vocabulaire maritime a bien souvent été employé dans d'autres domaines que le milieu de la mer, c'est la cas par exemple au théâtre. Le mot relâche qui signifie fermeture momentanée d'un théâtre vient de relâcher qui pour un navire veut dire : interrompre momentanément son voyage pour entrer dans un port qui n'est pas son port de destination. Autrefois les machinistes employés pour la manipulation des décors à l'aide de poulies et de cordages étaient d'anciens marins. Ils ont apporté avec eux leur langage. Plus étonnant est l'emploi de termes venant de la marine dans la police. En effet, le texte ci- dessous du Commandant BOUTILLIER nous apprend qu'à l'Ecole Nationale Supérieure de Saint Cyr au Mont –d'Or et dans les Compagnies Républicaines de Sécurité quelques mots du langage courant ont été empruntés à la marine. » 

Un peu d'Histoire récente... 

       «  Les circonstances ont provoqué quelques liens entre la marine et en particulier avec les C.R.S. Certains moments forts permettent d'enrichir l'histoire depuis la guerre 39/45.

       En 1941, création de l'ENSP de Saint Cyr au Mont- d'Or. En janvier 1956 construction du bâtiment en « U » dont la construction avait été entreprise en 1942 et dont l'allure toute militaire rappelle qu'il s'agit en fait de la reconstitution d'un bâtiment de l' Ecole Navale de BREST détruit pendant les hostilités.

        Le premier Directeur de cette Ecole fut le Contre- amiral  Charles- Edmond VEN qui avait dirigé auparavant l'Ecole Navale. Le corps enseignant se composait d'Officiers de marine et de cadres de la police. Les élèves étaient répartis en  escouades.

       Pendant cette période, un Officier de Marine, le Capitaine de corvette Maurice DE BROSSARD DU BOURG accéda au GMR Normandie basé au siège de l'actuel CRS N° 31 Darnetal (que j'ai commandé de 1989 à 1995). Ce marin, avant la création des C.R.S, en liaison avec LONDRES, eu pour mission, dès le débarquement de Juin 1944, d'accueillir l'intendant de Police pour la Normandie. Sa mission se prolongera par la mise en place du corps des C.R.S. créé le 8 décembre 1944.

       Après Darnetal, le Commandant Maurice DE BROSSARD DU BOURG fût nommé Commandant de Groupement de DIJON. L'organisation, le règlement intérieur de l'époque, la mise en œuvre et la vie des Compagnies sous l'influence du Commandant DE BROSSARD  sont en partie, le reflet des unités de marine. Ainsi s'inscrivent quelques analogies avec la Marine au niveau des appellations.

       Pour les Officiers, le « Mon » précédant le grade n'existe pas. Lieutenant, Capitaine, Commandant comme dans la Marine. La couleur de la tenue, le bleu marine, le terme « bidel »pour désigner le chef de service général des compagnies.

       Le bidel à bord d'un navire de guerre est chargé de la discipline et de la police à bord. L'aubette pour désigner le poste de police, le carré  pour désigner le mess des Officiers...

       Le Commandant Maurice DE BROSSARD quitta le corps des C.R.S. en 1946 pour reprendre du service dans la Marine Nationale, dans la Pacifique, en qualité de Capitaine de Vaisseau. Officier de Marine spécialisé pilote d'aéronavale, il mit au point les nouvelles méthodes d'appontage sur les portes- avions.

       Historien, il entreprit des recherches et retrouva la route et les lieux du naufrage des navires de Monsieur de LA PEROUSSE ; écrivain et peintre ses travaux sont reconnus.

       Le Contre- amiral Maurice DE BROSSARD DU BOURG acheva sa carrière en qualité de Directeur du service Historique de la Marine. J'ai eu le privilège de la côtoyer régulièrement les dernières années de sa vie  au cours de mes déplacements avec la CRS 31 déplacée à Vélizy. Les écrits du Contre- amiral publiés par « France Empire » n'évoquent pas les C.R.S. et le GMR, cependant, l'amiral a rédigé et transmis ses écrits en ce qui concerne son passage à l'intérieur, au ministère.

       L'Amiral DE BROSSARD DU BOURG est décédé à l 'âge de 92 ans.

       Ainsi, le commencement de la vie du jeune corps des C.R.S. a fortement été influencé par ce marin et vraisemblablement d'autres marins à cette époque et aussi bien des militaires qui ont intégré ce corps.

       Ces liens forts avec la Marine se prolongèrent avec Monsieur Henri MIR que certains C.R.S. honoraires ont bien connu, Monsieur MIR était marin de formation, ses longues actions permirent d'asseoir  le corps en maintenant fidèlement  les influences marines des pères fondateurs.

       En fait, une Compagnie Républicaine de Sécurité, c'est un bateau qui quitte son port d'attache pour exécuter sa campagne avec toute son autonomie, sous la responsabilité  entière du « pacha » (le Commandant) avec parfois une mer calme et parfois la tempête (manifestation très dure).

       Cette identité C.R.S. s'inscrit parfaitement dans l'identité marine que j'ai connue de 1957 à 1997 en qualité de marin et ensuite de C.R.S. » 

                          Emile BOUTILLIER dit « l'Amiral » 

Ancien Officier à la pêche industrielle.

 (Cercle polaire, Atlantique Nord).
Ancien chef de quart Marine Nationale (officier marinier).

Officier du Mérite maritime.

Ancien  Officier des CRS (dernier commandement CRS 31 Darnetal (Seine Maritime). 

                         -=-=-=-=-=-=-=-=-=- 

Document élaboré par le Brigadier de Police Pascal MASSE, Responsable et Conservateur du Musée des CRS à VELIZY. 

        Je viens de prendre connaissance du document  « Les Chefs des CRS » qui a été  élaboré par le Brigadier de Police Pascal MASSE.

 Le Commandant de Police Fonctionnel retraité Roderic MARTIN l'avait informé  du résultat de ses recherches personnelles concernant le Colonel Pierre GENTIEN et le Contrôleur Général Joseph PUYBARAUD. 

         La chronologie des différents Chefs qui ont commandé les Compagnies Républicaines de Sécurité est la suivante : 

L'Etat Major des CRS est une Sous- direction intégrée au sein de la DCSP- Ministre de l'Intérieur Adrien TIXIER.

1-   Colonel GENTIEN (1944- 1946)

2-   Colonel Henri MIR (1946- 02/ 1947)

3-   Commissaire Divisionnaire Joseph PUYBARAUD (02/1947- 10/1947) soit neuf mois seulement. 

La Sous- Direction des CRS devient un Etat Major rattaché à la Direction Générale de la Sûreté Nationale

 4 - Colonel Henri MIR (10/1947- 1950)

 5 - Colonel Lucien GAUTHIER (1950- 1953)

 6 - Colonel Henri MIR (1953- 1958) 

En 1958, les CRS deviennent une Sous- Direction de la DCSP. Ministre de l'Intérieur Maurice FAURE.

En 1968, les CRS deviennent un service au sein de la DCSP. Ministre de l'Intérieur Christian FOUCHET.

7 - Contrôleur Général Henri MIR (1958- 25/04/1973)

8 – Contrôleur Général Roger GROS (25/04/1973- 28/09/1976)

9-  Contrôleur Général Robert PINAUD (28/09/1976- 31/ 12/1978)

Par arrêté du 07/11/1978, Les CRS deviennent un Service Central rattaché à la DGPN. Ministre de l'Intérieur Christian BONNET.

10- Inspecteur Général Robert PINAUD (31/12/1978- 31/08/1981).

    La liste qui suit est conforme à celle diffusée par la Société  Française de l'Histoire de la Police. 

*** Les informations contenues dans «  La Flamme » concernant la prise de fonction du Contrôleur Général Joseph PUYBARAUD ne mentionnent que la date de sa prise de fonction en qualité de Chef des CRS le 16 Février 1947. Le document qui a été établi par le Brigadier Pascal MASSE, Responsable et Conservateur du Musée des CRS à VELIZY semble être le plus proche de la réalité.

       Dans son trombinoscope une seule photographie  est manquante : celle du Colonel Lucien GAUTHIER.

       Le mystère reste entier concernant cet homme.  

 

                   -=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-

      Après avoir pris contact en Janvier 2013 avec le Commandant de Police à l'Echelon Fonctionnel   Roderic MARTIN qui était en poste à l'époque à la Direction Zonale des CRS  Sud- Ouest à CENON, homme passionné par l'histoire en général et celle des CRS en particulier, celui- ci m'avait fait part du résultat de ses recherches personnelles concernant le Colonel Pierre GENTIEN et le Contrôleur Général Joseph PUYBARAUD. Nous pouvons grâce à son accord,  aujourd'hui, vulgariser une réalité qui pour beaucoup  nous était jusqu'ici totalement ou partiellement inconnue. Rodéric MARTIN a retrouvé Monsieur  Louis GENTIEN, dernier enfant en vie du Colonel Pierre GENTIEN qui demeure au Pays Basque. 

           Monsieur Jean PUYBARAUD, fils du Contrôleur Général Joseph PUYBARAUD, qui réside à ARCACHON (Famille de Notaires et d'Avocats dans le Sud Ouest) est venu vers la Direction Zonale des CRS Sud- ouest en 2008. Le Commandant de Police EF Roderic MARTIN avec l'aide du Commissaire Divisionnaire Honoraire Guy PENAUD, auteur du livre « MALRAUX et la Résistance »  ont monté un dossier à l'attention de Monsieur Jean PUYBARAUD. (infos sur le maquis en Corrèze, consultation des Archives Départementales des Pyrénées Orientales etc.. .). Monsieur Jean PUYBARAUD  qui faisait état des recherches de son petit fils à la Bibliothèque Nationale de France (BNF) et de sa visite au musée de la Résistance à BRIVE, proposait dans un courrier du 18 Janvier 2010 de venir à BORDEAUX- CENON afin de confier le képi et le ceinturon de son père susceptibles de trouver leur place au Musée des CRS à VELIZY. Cette proposition n'a pas été suivie d'effet.  Le Commissaire Divisionnaire  Joseph PUYBARAUD a été nommé Contrôleur Général de 1ère e le 01/11/1944 (La Flamme). Il deviendra Chef d'Etat- Major des CRS à compter du 16 Février 1947.

       ***Nous ignorons actuellement la date de la fin de fonction en qualité de Sous- Directeur des CRS  du Colonel Pierre GENTIEN ainsi que la date de fin de fonction du Contrôleur Général Joseph PUYBARAUD à ce même poste.***

         Le CDTEF  Roderic MARTIN  me fit prendre connaissance au cours du mois de Mars 2013  de la finalisation de ses recherches et du diaporama en couleur qu'il a élaboré, dévoilant une partie du destin et du parcours de ces deux hommes d'exception dont les   Compagnies Républicaines de Sécurité peuvent être très fières.  
      Parmi les photographies qui illustrent ce document où figure le  Colonel Pierre GENTIEN, deux appartiennent à la collection personnelle du Commandant de Police EF retraité Jean- Pierre BAUX, mémoire incontournable des CRS, membre de l'AVAC de la Compagnie Républicaine de Sécurité de Vaucluse. Celle légendée « Visite du Colonel GENTIEN Premier Chef d'Etat Major des CRS en compagnie du CDT DEBIN  qui commandait la CRS N° 201 et du Colonel ASSIE » a été prise à METZ, ville où est implantée la CRS N° 30, Unité qu'il a commandée durant dix années avant de commander la CRS N° 27 de TOULOUSE.  
      Nous leur exprimons toute notre reconnaissance pour leur contribution et l'accord que nous donne en ce début d'année 2014, le Commandant de Police EF retraité Roderic MARTIN de publier dans cette Lettre du Vétéran N° 42 de Mars 2014 ainsi que sur notre blog « Amicale des Vétérans et Anciens Combattants de la CRS de Vaucluse » le diaporama en couleur,  produit de son labeur personnel, nous touche particulièrement. Il nous apporte un éclairage nouveau sur l'identité et l'attachante  personnalité  des ces deux  Chefs des Compagnies Républicaines de Sécurité. Nous le remercions vivement. 

       A l'occasion du 70ième anniversaire de la création de Compagnies Républicaines de Sécurité, ces deux héros passent à nouveau de l'ombre à la lumière. 

      La société française d'histoire de la Police ne manquera pas d'enrichir la partie qu'elle a consacré  aux Compagnies Républicaines de Sécurité. 

        Nous ne disposons  actuellement d'aucun élément ni photographie  concernant  Le Colonel Lucien GAUTHIER. Nous sommes bien sûr preneur de vos éventuelles informations ou photographies.  Nous ne manquerons pas de vous informer de l'évolution de l'état nos recherches. 

-        Etat civil du Colonel Pierre GENTIEN

Le Colonel Pierre GENTIEN est né le 16 Novembre 1901 à PARIS (75008)

Il est décédé le 17 Juillet 1989  à son domicile lieu dit « Sirot » (parfois appelé château de Sirot, il  possède une tour du 12ième siècle). Ce domaine appartient à la famille GENTIEN depuis 1830 à FLAGY (71250).

(vérifications effectuées auprès de l'état civil ). 

La fratrie du Colonel  Pierre GENTIEN

Le Colonel Pierre GENTIEN avait une sœur, Jeanne GENTIEN (1896- 1900) et deux frères.

Son frère Jacques GENTIEN né le 23/04/1904 + en Mars 1992 – Saint Cyr (1922- 1924) Promotion 109. Ingénieur Général de 2ième e. ING 62.

Il appartiendra à la Cavalerie puis au Matériel.

Commandeur de la Légion d'Honneur.

*** La 109ième Promotion donnera un Maréchal de France, Philippe LECLERC de HAUTECLOQUE (1902- 1947)***

Son frère Louis GENTIEN né en 1906 + en 1944. 

-        Etat civil du Contrôleur Général Joseph  PUYBARAUD

Le Contrôleur Général Joseph PUYBARAUD est né le 14 Septembre 1889 à AMBES (33810)

Il est décédé le 05 Mai 1982 à CAMBO les BAINS (64250)

(vérifications effectuées auprès de l'état civil). 

*** Dans cette Lettre du Vétéran N° 42 de Mars 2013,  par souci du confort visuel des lecteurs, le diaporama mis à notre disposition par le Commandant de Police EF retraité Roderic MARTIN, vous est présenté en plus de sa copie papier,  pour certaines parties, en gros caractères. Le diaporama complet en couleur diffusé sur le blog amicale des vétérans et anciens combattants de la CRS de Vaucluse reprend dans son intégralité, le travail de l'auteur. 

    Remerciements à : 

        Madame Jacqueline GENTIEN, née DE  VALENCE DE MINARDIERE, Veuve du Capitaine de Frégate François GENTIEN (décédé le 02 Mars 2012) pour les informations complémentaires qu'elle a bien voulu porter à ma connaissance afin d'affiner cette première partie.

        Monsieur Louis GENTIEN, dernier fils  du Colonel Pierre GENTIEN, premier Chef des Compagnies Républicaines de Sécurité.

        Le Brigadier de Police Pascal MASSE, Responsable et Conservateur du «  Musée des CRS » Direction Zonale des CRS PARIS –

1, Avenue Sadi Lecointe 78140 VELIZY.
Tél : 01 34 63 30 54

Courriel : musee-crs-01@interieur.gouv.fr 

Pour rappel : Le Musée des CRS a été inauguré en Novembre 1992 par Monsieur Bernard GRASSET, Directeur Général de la Police Nationale. Ce Musée est installé dans un bâtiment de 600 m2 à proximité des installations des CRS N° 1 et 61 à VELIZY- VILLACOUBLAY. Ce haut lieu de l'histoire des Compagnies existe par la volonté de deux hommes : Serge GONDEL, Chef du Service Central et le Commandant Raymond LAVAUD,  responsable des relations publiques au Service central des CRS. Ce dernier aidé du Brigadier Jean- Louis TINTINGER et du Sous- brigadier Michel VAUTRIN a réussi à rassembler une collection extraordinaire de véhicules, de motocyclettes, d'armes, d'uniformes et de matériels. Trois années ont été nécessaires pour retrouver, regrouper et quelquefois remettre en état les pièces exposées. De très nombreux CRS ont également apporté leur contribution en donnant au Musée des souvenirs personnels qui appartenaient à un père, un frère, voire même à un grand- père. Ce Musée qui s'enrichit continuellement de nouvelles pièces est aujourd'hui cité en exemple dans le monde entier. Il suffit de se rendre compte de l'intérêt qu'il suscite lors de la venue de délégations étrangères qui s'émerveillent devant une telle richesse de souvenirs. 

       Les véhicules de la « bonne époque ». 

      La liste des matériels serait fastidieuse tellement elle est longue, mais certains véhicules et objets méritent un arrêt prolongé. Le 4X4 Prairie modèle 1949 qui accueille le visiteur symbolise immédiatement l'épopée algérienne des Compagnies. Plus loin, une Renault Sinpar nous plonge dans les années 1962- 1979. Sur ce véhicule conçu uniquement pour les CRS, la porte du conducteur avait parfois la fâcheuse habitude de s'ouvrir en roulant. Sa conduite s'identifiait à celle d'une Jeep fortement lestée. A ses côtés, le rêve des collectionneurs de véhicules administratifs : Une Renault AH S4 flambant neuf (après restauration). Ce camion a été utilisé pour transporter le personnel des CRS de 1947 à 1962 tant en métropole qu'en Algérie. Ce véhicule brillait par son absence de confort et la rusticité des équipements. Les différents cars de brigade tiennent une place de choix. Le plus typique est le premier car de transport de 16 places de 1950 sur châssis Renault T5 type R 2163 à moteur de 11 CV consommant 18 litres et d'une autonomie de 1000 Kms. Ses glaces étaient protégées par des grillages en métal manœuvrés de l'intérieur. Quant au confort, il était inutile d'en parler.  Un véhicule Renault 30 TX V6 I blindé utilisé par les fonctionnaires de la CRS N° 1 pour les transports de hautes personnalités  est exposé. Les motocyclettes tiennent une place importante dans cette collection. Les modèles BMW R60/2 mis en service dans la sûreté Nationale en 1967 sont visibles. Ces motos à 4 vitesses dotées d'un moteur 4 temps  d'une cylindrée de 600 Cm3 ont progressivement été remplacées par les R60/5, R60/7, R 80 RT et F 75. 

       Armes et équipements divers 

       Tout l'équipement, (tenues, casques, fanions, radio, etc...) depuis la création des unités motocyclistes est exposé. Une vitrine complète est réservée à l'armement en dotation normale.  Le fusil lance- grenades sous toutes ses variantes est présent. Les grenades lacrymogènes avec ou sans sacoches de transport sont toutes dévoilées. La première de toute et la plus forte est sans conteste la G.I.44. A ses côtés, la lacrymogène au CB (Ortho- Chloro- Benzal- Malononitrile)  a été pendant des années la compagne des CRS en manifestation. Les moyens de protection et d'aménagement du terrain ne sont pas oubliés. Les différents casques en métal et en plastique des premiers modèles avec cimier en duralumin embouti cohabitent avec les derniers casques plus légers aux performances nettement supérieures en matière de protection. Les lunettes de protection ont fait place aux visières.  Quant aux masques à gaz, de type C38, ils ont parfaitement leur place dans ce lieu du souvenir. La gamme de tous les boucliers est montrée. Le traditionnel lot de barrage routier  comprend la herse mobile type « Eenberg 1949 » et les projecteurs portatifs « LAP » et « ELAUL ». Le redresseur « Clem » et le réseau « Brun » complètent le tout.

       Ce musée contient aussi des raretés, comme les livres de route de 1944 des compagnies et les dictées des premiers concours pour devenir CRS. Les spécialités ne sont pas passées sous silence. . Si les motards sont largement représentés, les nageurs et les alpinistes sont omniprésents.  Des premiers équipements pour le sauvetage en montagne aux premières bouées de secours en mer en passant par les insignes et badges, tout est rassemblé dans ce lieu qui symbolise les différents moments de la vie de générations de CRS.

       Les larmes aux yeux

       La grenade G I 44 se présente sous la forme d'une boule de verre.  Son effet était redoutable et les anciens se souviennent encore avec nostalgie, mais surtout avec beaucoup de larmes dans les yeux, des effets terribles du gaz qui pouvait les empêcher de monter pendant plusieurs jours dans un car de brigade lorsque par malheur, une ampoule venait à s'y casser.    

       Tiré de l'article de présentation du Musée des CRS.
« Un peuple sans mémoire est un peuple qui se meurt... » Pour ne pas connaître ce funeste destin, des Officiers et Gradés ont souhaité matérialiser l'existence des Compagnies et celle des agents des CRS dans leur quotidien. C'est ainsi que le très riche musée des CRS a été créé.
 

       Le Brigadier/ Chef Michel VAUTRIN ayant été admis à faire valoir ses droits à la retraite le 21 Janvier 2010, le Brigadier de Police Pascal MASSE, ancien motocycliste de la CRS N° 5 – MASSY  assure seul  les fonctions de Responsable et Conservateur du Musée des CRS à VELIZY.     

                                                     Alain CROSNIER       

Posté par spanc à 23:14 - Commentaires [2] - Permalien [#]

Commentaires sur Les Premiers Chefs des CRS

  • Maurice de Brossard

    La tombe de Maurice de Brossard se trouve dans le cimetière d'Ezy-sur-Eure. Elle est surmontée d'un pot drapé d'une pièce d'étoffe, typique des tombes non religieuses. Une croix a été rajoutée assez récemment. Cette tombe doit dater de l'entre-deux-guerres.
    Nous y lisons l'inscription suivante : "Amiral Maurice de Brossard, époux de Denise Guérin, 2 mai 1909, 5 octobre 1997". Sur la tombe est posée la plaque - brisée en deux morceaux - du "poilu d'Ezy", une association d'anciens combattants de la Grande Guerre, devant la tombe nous voyons la plaque de l''amicale de l'aéro-navale à leur ancien camarade. Je peux vous fournir la photo.
    Le régime de Vichy avait utilisé pas mal d'officiers de marine dans son administration, ainsi, le préfet de l'Eure Eugène Le Gouic, ancien pachas du Surcouf, était devenu préfet de l'Eure. Il fut révoqué en 1944, et c'est son chef de cabinet qui devint préfet à la Libération, preuve que cet ancien marin n'avait pas été un fonctionnaire dévoyé.
    "Maurice de Brossard du Bourg" est l'appellation que cet homme, aux multiples talents, avait prise comme artiste peintre.

    Posté par Baboux Jean, 28 septembre 2016 à 01:32
  • histoire des CRS

    Je suis le fils ainé d'Henri MIR qui, comme vous le précisez, fut à plusieurs reprises le chef des CRS ; L’intermittence de cette fonction a sa propre histoire que je ne connais que partiellement; Je regrette qu'à la différence des GMR (Alain Pinel) il n'existe aucun livre général sur l'histoire des CRS pourtant riche en évènements ; en tout cas merci pour cette note. Bien cordialement. Pierre MIR

    Posté par Pierre MIR, 20 octobre 2017 à 17:16
Poster un commentaire